•  Traduction de l'interview de Richard dans Parade.com du 14 octobre 2016

    Article original ici

    Crédit photos Epix

    Traduction par Jolie pensée

     

     

    Les nouvelles séries télé ne se limitent plus aux "Big 3" (1) . Avec les géants du streaming comme Netfilx ou Amazon, de plus en plus de nouveaux contenus sont disponibles pour les spectateurs avisés et les petits supports les talonnent avec du contenu aussi. EPIX entre dans la danse avec ses histoires originales scénarisées et met un point d'honneur à engager des stars. Nick Nolte et Sela Ward dans 'Graves', l'histoire d'un ancien président des Etats-Unis faisant son mea culpa et le 16 octobre sort sur Epix " Berlin Station ", un thriller d'espionnage dans la lignée de " MI-5 " (série dans laquelle, comble de la coïncidence, jouait Richard Armitage) et de " La Taupe ". On y trouve Richard Armitage (Nord et Sud), Michelle Forbes (Orphan Black) et Rhys Ifans (Coup de foudre à Notting Hill).

    On s'est pausé avec Richard Armitage cet été pour parler de la série. 

     

    Pour ceux qui ne connaissent pas " Berlin Station ", pouvez-vous nous en dire plus sur votre personnage et la série ?

    Le personnage s'appelle Daniel Miller, un agent de la CIA qui identifie une fuite dans l'agence de Berlin. Il est envoyé à Berlin pour identifier la taupe, Thomas Shaw. Nous suivons Daniel dans Berlin et il nous emmène dans l'agence de Berlin où on commence à suivre chaque personnage.


    Je trouve que votre personnage a des ressemblances avec vos personnages dans " MI-5 " et " Strike Back ". Qu'est-ce qui vous guide vers ces rôles ?

    Celui-ci en particulier est assez différent à mes yeux car j'étais fasciné par le fait qu'il s'agissait d'un américain joué par un européen, dans un sens, Daniel a grandi à l'européenne. Ce qui m'a intéressé, c'est l'idée qu'il s'agit d'un patriote qui s'interroge sur son patriotisme, sur son gouvernement et sur l'institution pour laquelle il travaille, la CIA.
    Et contrairement à " MI-5 " et " Strike Back" , c'est une personne tout à fait normale. Il excelle dans son travail mais ce n'est pas un super héros. C'est une personne normale avec des défauts comme tout le monde et il se retrouve dans des circonstances qui le tiraillent et le forcent à se remettre en question. Je pense que c'est ce qui m'a plu.

     

    Entre le théâtre, la télé et le cinéma, vers où vont vos préférences ?

    Cela dépend. Quand je suis sur scène, j'aime la réaction immédiate qu'on obtient du public, cet effet immédiat et la longévité de la pièce. Et le fait que quand on commence, on plonge tout entier dans le personnage pendant deux heures et demi à trois heures et demi, peut-être.
    Mais en même temps, dans le cinéma, j'aime assembler le personnage et l'histoire par petits morceaux et ainsi on peut vraiment travailler sur des détails infimes. Et j'aime en parler avec le monteur qui va rendre tout cela cohérent et le rendre plus excitant qu'il n'était au début. Et puis, j'aime aussi le fait de travailler dans une sphère d'intimité relative, pour le donner au public par la suite. Donc, ça dépend où je suis.

     

    Vous étiez un de mes choix pour être le prochain James Bond. Si vous l'étiez, que changeriez-vous dans le personnage ou auriez-vous une approche différente ?

    De James Bond ? J'imagine que ce qui est stimulant , pour moi , c'est qu'il s'agit d'un personnage héroïque qui doit sans arrêt s'interroger sur tout pour sauver son gouvernement. Dans le cas de James Bond , sa reine et son pays, son sentiment de fierté national, et l'institution pour laquelle il travaille, tout cela est sur le fil du rasoir et vous vous demandez alors qui sont les gentils et qui sont les méchants parce qu'il y a des zones d'ombre. Je pense que se serait une manière fascinante d'aborder le personnage.

     

    Vous avez tendance à vous orienter vers des rôles sérieux bien que vous ayez fait " The vicar of Dibley ". Ferez-vous plus de comédies à l'avenir ?

    J'étais censé jouer dans une petite comédie cet été. Mais malheureusement, le film est tombé à l'eau. C'est définitivement dans ma ligne de mire. Quand je vois une comédie, je saute sur l'occasion. La pièce dans laquelle je joue pour le reste de l'année sur Broadway, " Love Love Love " est une comédie noire. Elle a une connotation politique. Elle est écrite par Mike Bartlett qui, à mon avis, est, à l'heure actuelle, quasiment un dramaturge politique prolifique. Son ton est humoristique et je suis impatient.

     

    Suivez-vous la politique américaine et qu'en pensez-vous?

    Je suis scotché aux informations en continu, je ne peux pas en détourner les yeux.


    Que pensez-vous de Trump et Clinton ?

    La chose qui m'embête le plus, et c'est assez inhabituel pour moi, c'est que je déteste vraiment cet état d'esprit agressif entre les personnes.
    En Angleterre, on vote pour le parti. On ne vote pas pour le premier ministre ou le président. On entend beaucoup de débats politiques. C'est en train de changer et ça ne me plaît pas. Je ne comprends pas pourquoi deux personnes opposées ne peuvent se dire :" J'entends votre point de vue, je ne suis pas d'accord, voilà pourquoi...".
    Ça se résume à critiquer les gens sur différentes choses, et ce n'est pas leur travail. C'est le travail des médias. Leur job, c'est d'être des personnes raisonnables qui savent débattre entre elles. Normalement, elles vont devoir travailler sur la même chose. Elles devraient le faire. Ça me dérange.


    Votre personnage dans " Hannibal " était silencieux la majeure partie du temps. Avez-vous travaillé différemment ?

    Je n'ai jamais pensé que c'était un personnage silencieux. Je pense qu'à travers la manière dont il est décrit dans le livre, la parole le place dans une position gênante à cause de son défaut d'élocution, mais en fait, je me suis toujours senti comme un acteur silencieux à l'écran.
    Je viens de la scène donc j'aime la présence physique du personnage à l'écran. Je suis persuadé que les plus grands films sont ceux qu'on regarde sans les dialogues. Le dialogue parfois appartient au théâtre, aux transitions, à la télévision, mais dans un film, on peut couper 90% du dialogue et il raconte toujours une incroyable histoire. En quelque sorte, j'étais dans mon élément.

     

    Je crois comprendre que vous avez de l'expérience dans la danse ?

    Oui, je me suis entraîné et j'ai dansé quand j'étais très jeune. Mais, je n'ai jamais été très bon. Mon esprit était trop actif. Je voulais des dialogues, de la poésie, de la littérature. Alors j'ai laissé tomber.


    Y a-t-il des causes que vous soutenez et dont vous voulez nous parler ?

    Oui effectivement, il y a quelques causes. J'ai toujours travaillé avec des organismes caritatifs protégeant les enfants et j'ai tourné un film récemment, pas si récemment que cela en fait, qui s'appelle " Urban and the Shed Crew ". On essaye de le diffuser en ce moment. Une partie des profits va aller à un organisme caritatif 'Action for children'. Le film traite de la condition des enfants dans le nord de l'Angleterre. C'est quelque chose qui me passionne. Je travaille aussi avec 'Young Minds' qui est une oeuvre de charité pour les enfants ayant des problèmes de santé mentale en Angleterre. Je crois que la manière dont nous protégeons et prenons soin de nos jeunes est ce qui créera notre société à venir.


    Jouez-vous d'un instrument ?

    Oui, je joue de la flûte et du violoncelle. Récemment, j'ai commencé à apprendre la guitare. 

     

    Des projets ou informations dont vous aimeriez nous parler ?

    La pièce " Love Love Love " écrite par Mike Bartlett. Comme je l'ai déjà dit, il est probablement notre dramaturge contemporain le plus socio-politique. Un auteur plein d'esprit, il est dans la veine d'Harold Pinter, surtout maintenant. Le fil conducteur de la pièce est la génération Baby Boom et leur rapport avec la génération X  (2) . Ce ne pourrait pas être plus d'actualité avec ce qui se passe au Royaume-Uni avec le vote pour le Brexit. Ça traite de ce sujet. 

     

    Je vais à Londres pour la première fois, que me recommanderiez-vous qui ne soit pas touristique, un restaurant loin des sentiers battus ?

    C'est une colle ! Je dirais la Royal Academy of Arts. Il y a toujours de supers expositions là-bas. Je dirais aussi faire le tour d'Hyde Park à pied. Je vais vous dire aussi ce qui est super: Around Brick Lane et Spitalfields Market (dans le quartier de White Chapel). On y trouve un super curry. Vous allez découvrir la vraie diversité de Londres, c'est génial.

     

    Quel est votre repas préféré ?

    Un repas japonais. 

     

    Vous faites un repas romantique, qu'est-ce que vous cuisineriez ? Vous cuisinez ou vous commandez ?

    Etant britannique, je suis plutôt bon en rôti. Je fais un poulet rôti et je réussis très bien les pommes de terre au four. 

     

    Quel est le dernier livre que vous avez lu, quel est votre livre préféré ?

    Le dernier livre que j'ai lu s'intitule ' Jilted Generation ' (3). C'était en préparation pour ma pièce, ça traite des Baby Boomers. En fiction, le dernier livre que j'ai lu était ' Le Chardonneret ' de Donna Tartt. 

     

    Quel votre musicien préféré ou votre chanson préférée ?

    En ce moment, mon groupe préféré est Muse. Je suis très branché sur eux, je ne sais pas pourquoi et il y a une chanson qui s'appelle ' Butterflies and Hurricanes ' qui est vraiment très bonne.

     

    Quelle chanson chantez-vous sous la douche ?

    Je l'ai déjà dit et je vais le redire. C'est Aerosmith ' Love in the elevator '. J'adore cette chanson.

     

    Quelle est la dernière série que vous ayez regardé à l'excès ?

    " House of cards ". J'ai dû la regarder 3 fois. Je suis carrément obsédé par ça. J'adore les séries politiques.

     

    Qui est la première célébrité qui vous ait fait craquer ?

    Cate Blanchett. Vous voulez dire quand j'étais enfant ? En fait , j'ai eu une période Cate Blanchett.

     

    Y-a-t-il un rôle que vous n'avez pas encore joué et que vous aimeriez vraiment joué ?

    A peu près un million de rôles. Il n'y en a pas un en particulier qui me vienne à l'esprit, mais oui.

     

    Café ou thé ?

    Café.

     

    L'endroit favori à visiter ?

    Rome.

     

    Avez-vous un film préféré ou un film que vous pouvez regarder encore et encore ?

    " Il faut sauver le soldat Ryan ".

     

    Quel est votre dessert préféré ?

    Le délice des anges.

     

    Qu'est-ce que c'est ?

    C'est comme de la crème fouettée. Vous avez ça aux Etats-Unis ? C'est en sachet et vous mélangez avec de l'eau. Ça date des années 70. Ça se solidifie comme le pudding mais c'est plein de colorants et arômes artificiels.

     

    De quoi avez-vous une sainte horreur ?

    L'intolérance.

     

    Notes de la traductrice:

    (1) Big Three Networks: les 3 grosses chaînes que sont ABC, NBC et CBS

    (2) Génération X : la génération X représente les personnes nées entre 1961 et 1981.

    (3) Jilted Generation : de Ed Howker et Shiv Malik ou comment les Britanniques ont ruiné leur jeunesse.

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  • Traduction de la courte interview de Richard dans l'article UPI du 22 septembre 2016.

     

    Article original à lire ici 

    Traduction par Jolie pensée

     

    Richard Armitage nous parle de sa vie à New-York et de ses débuts à Broadway :

    "C'est un peu comme un rêve pour un acteur". 

     

    'Love, Love, Love', produit par Roundabout Theatre Company - avec Alex Hurt, Zoe Kazan, Ben Rosenfield et Amy Ryan - Début prévu jeudi soir.

     

    - Traduction de l'interview UPI, 22 septembre 2016

     

    NEW YORK, 22 septembre (UPI) - L'acteur britannique de cinéma, de théâtre et de télévision Richard Armitage dit que vivre à New-York et faire ses débuts sur scène à Broadway dans la pièce "Love, Love, Love" de Mike Bartlett c'est "un peu comme un rêve".

    La production Roundabout Theatre Company emploie aussi Alex Hurt, Zoe Kazan, Ben Rosenfiled et Amy Ryan. Avec une soirée officielle prévue pour le 19 octobre, la pièce sera jouée en représentations limitées jusqu'au 18 décembre au théâtre Laura Pels au Harold et Miriam Steinberg Center for Theatre. La comédie à l'humour noir est mise en scène par Michael Mayer.

    " Nous avons besoin du public, donc tout le monde est très excité et pressé de jouer, " a dit Richard Armitage à UPI lors d'une interview téléphonique.


    "C'est une première pour moi, mais c'est une pièce sympa. C'est une bonne pièce. Cela traite de différents sujets importants mais en même temps, c'est très drôle. J'ai répété pendant 4 semaines et je crois que j'ai ri tous les jours, ce qui était vraiment motivant ", ajoute-t-il. " Je voulais travailler avec Michael Mayer depuis longtemps. Je suis aussi un admirateur du travail de Mike Bartlett depuis un moment, donc l'opportunité de travailler sur une pièce anglaise dans un cadre américain, était, je pense, vraiment très bien. Je voulais travailler avec Roundabout depuis un moment aussi. Donc l'association des trois est très bien tombée ".

    L'acteur de 45 ans a dit qu'il aimait vivre à New-York.

    " C'est fascinant. C'est tellement chouette de sortir de chez soi, prendre le métro et arriver dans la 42ème pour aller travailler. C'est un peu comme un rêve pour un acteur. Je devais me pincer chaque jour. Alors oui, j'adore ça. C'est vraiment vibrant, " a-t-il dit.

    Quand on lui demande s'il attire beaucoup plus l'attention de ses fans quand il sort, il répond:

    "J'ai toujours eu de la chance avec ça. En général, on ne me reconnait pas. Les affiches de ma nouvelle série télé 'Berlin Station' ont commencé à être éditées donc il y a quelques personnes qui marquent un temps d'arrêt quand elles me croisent mais globalement c'est vraiment facile de vivre à New-York. Je pense qu'il y a plein de personnalités avec qui les gens sont vraiment cool. "

    Armitage est connu pour son rôle dans Le Hobbit, ainsi que dans les séries télévisées Hannibal, MI-5, Robin Hood et North and South. Sa nouvelle série d'espionnage Berlin Station débute le 16 octobre sur EPIX.

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  • Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016

    Un gRAnd merci aux ladies de richardarmitagecentral.co.uk pour la transcription à lire ici

    Photos ©RichardArmitageFrance from Urban and the Shed Crew video

     

    En fait, j'ai lu le script à l'aéroport, en rentrant à New York, j'ai été si happé par l'histoire que je suis allé sur Internet, j'ai trouvé le livre de Bernard Hare et j'ai été vraiment inspiré par son expérience et ce qu'il a fait. Le fait que tout ça soit rassemblé dans une grande histoire si cohérente était vraiment une évidence.

    Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016En fait, je n'ai jamais joué auparavant une personne qui existe mais j'ai toujours dit que c'est quelque chose que je voulais faire. Ca ne devait pas être nécessairement une personne célèbre mais je voulais jouer quelqu'un qui est toujours en vie, avec qui je pourrais parler. Je l'ai fait depuis Urban & the Shed Crew dans un autre projet et c'est, en fait, assez difficile, parce qu'au moment où j'ai rencontré la vraie personne, celui où je me suis assis à côté de Bernard Hare, en tant qu'acteur, je me suis senti incroyablement gêné et je sais qu'en tant que personne il s'est senti très gêné parce qu'on s'étudiait l'un l'autre. Il m'étudiait et pensait à ce que j'allais faire de l'histoire de sa vie et je le regardais en pensant 'vais-je apporter la vérité et le sérieux dont a besoin l'histoire de votre vie ? '. Mais, cela a été une expérience vraiment agréable, et, vous savez, nous avons raconté l'histoire pour divertir le public mais, en même temps, il y a dedans un message, alors on espère avoir réussi les deux.

    Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016Je n'avais jamais travaillé autant avec des enfants ou des animaux avant ceci, mais j'étais vraiment excité à l'idée de travailler avec tous ces gosses - les acteurs qui les interprètent - et, en fait, nous avons du rencontrer certains des vrais Shed Crew, qui, bien sûr, ont grandi, mais avoir cette contribution c'était vraiment précieux. Vous savez, l'expérience la plus excitante a été de tourner avec Frasier Kelly qui m'a inspiré chaque jour que nous travaillions, c'est un enfant si intelligent, perspicace et empathique ! C'est la chose qui m'a surpris chez Frasier. Des enfants de cet âge ne ressentent pas forcément d'empathie, mais lui, il en a vraiment, et j'ai cherché à faire quelque chose pour m'amuser avec le rôle parce que j'ai tendance à jouer des personnages sombres. 

    C'est un monde terrible que nous dépeignons, mais il y avait tant d'amour entre ces deux personnages qui s'aident mutuellement pour survivre dans une situation désespérée que je voulais vraiment trouver cela dans la relation entre moi et Urban, joué par Frasier Kelly, et alors, je suis allé travailler chaque jour avec l'unique ambition de le faire sourire et rire.

    Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016Anna Friel n'a apporté rien d'autre que des ennuis à ce film. Non ! Anna... Je ne pouvais imaginer une meilleure personne pour jouer Greta. C'est une actrice très consciencieuse, elle va très loin. Je pense qu'elle amène quelque chose au personnage. Il y a quelque chose de brisé dans ce personnage, mais Anna lui a apporté une dimension chaleureuse, ce qui fait que vous vous attachez vraiment à elle et entre de mauvaises mains ce personnage n'aurait pas été sympathique.

    Mon lien avec la ville de Leeds vient du fait que mon père et deux de ses sœurs y ont grandi. Je pense que la famille de la sœur de mon père, de Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016ma tante, vit encore ici.  J'ai une grande famille ici, et je ne pense pas qu'ils soient forcément dans la même situation désespérée parce que les enfants dont nous parlons dans l'histoire n'avaient pas la vie facile. Alors, je ressens un vrai lien avec la ville, et une de mes référence, en fait, est le mari de ma cousine, qui est policier. Malheureusement, il connaît très bien tous les endroits où nous avons tourné parce que ce sont des zones plutôt défavorisées et qui ont une réputation malfamée, aussi, j'ai beaucoup parlé avec lui sur les expériences de baston qu'il avait eues.

    Je pense qu'aujourd'hui, la situation pour les enfants sans-abris et les enfants malchanceux au Royaume-Uni est toujours difficile et c'est encore un défi, parce que plus nos vies deviennent aisées plus nous nous protégeons face à cela. Nous n'allons pas dans ces parties de la ville comme ça on n'en voit pas trop. Ça n'intéresse pas les médias parce que ce n'est pas agréable à regarder, alors, on a tendance à le reléguer aux oubliettes. C'est pour cela que je suis ambassadeur pour des œuvres de charité qui s'occupent d'enfants ayant des problèmes de santé mentale, de harcèlement en ligne et maintenant d' 'Action for Children' qui a travaillé sur ce film. Je pense que le travail qu'ils font est très important parce qu'ils fournissent toutes sortes d'aides psychologiques différentes, d'abris, la forme la plus simple d'aide, tout ce à quoi ils peuvent penser. C'est ce que Bernard Hare avait compris, qu'il ne s'agit pas que d'argent, mais que c'est vraiment de l'attention et du temps, et il a passé tellement de temps à s'occuper de ces enfants ! Je pense qu'ils vont bien maintenant mais, il y a encore beaucoup de travail à faire, et il y en aura toujours.

    'Action for Children' soutient notre film, Urban & the Shed Crew, pour aider les enfants comme Urban qui sont en situation difficile dans les rues de l'Angleterre d'aujourd'hui. J'espère que ce film sensibilisera le public et aidera leur cause.

    Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016 Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016 Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016
      Captures écran ©RichardArmitageFrance  
    Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016 Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016 Traduction de l'interview de Richard pour Urban & the Shed Crew, 27 avril 2016
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  • A l'occasion de la sortie, le 9 janvier 2016, du livre 'David Copperfield' narré par Richard pour Audible, traduction des Q&A Twitter du 21 décembre 2015

     

    Merci à Audible pour la vidéo mise en ligne sur sa chaîne Youtube ainsi que les extraits postés sur son compte Instagram

    Merci à richardarmitagecentral.co.uk pour la transcription

    Photos ©RAFrance

     

    Q: Si vous étiez 'coincé' sur une île déserte, quels sont les 3 personnages de fiction avec lesquels vous aimeriez vous retrouvez et pourquoi ?

    RA: Ok, Lily. Puis-je dire le 'Docteur Who' ? Parce qu'il a le Tardis et que je pourrais quitter cette île déserte ; un très grand chef - peut-être un livre de cuisine de Gordon Ramsey - parce qu'il pourrait cuisiner quelque chose lorsque nous nous échapperions, c'est un peu de la triche... Je ne sais pas, quelque chose... Peut-être une BD comme 'Captain America'. Voilà !

     

    Q: Comment faites vous pour changer de nuances dans votre voix pour incarner un personnage, et comment faites-vous pour ne pas oublier ces voix pendant que vous enregistrez un livre ?

    RA: Ok, Hariclea. En fait, Dickens vous donne vraiment toutes les informations dont vous avez besoin pour créer ces nuances. C'est un auteur si descriptif qui dépeint l'aspect physique d'une personne. Quelque fois, il décrit sa voix, mais parfois, c'est juste une chose instinctive. Vous entendez la voix de la personne grâce à la description qui en est faite... C'est une des raisons pour lesquelles je choisis le livre.

     

    Q: Vous êtes-vous déjà basé sur la voix de quelqu'un que vous avez rencontré pour trouver la qualité vocale d'un personnage ?

    RA: Ok, Crystal. Il y a une petite histoire avec ce livre audio en particulier parce que lorsque j'étais à l'Ecole d'Art dramatique, nous avons fait une adaptation de 'David Copperfield ' pendant la troisième année. Cela a été une des premières choses que nous avons faites. Ca fait maintenant 20 ans, mais certaines voix qui étaient dans cette pièce -particulièrement la mienne, je jouais Uriah Heep - sont revenues à mon esprit. Certaines non, certaines dont je ne pouvais pas me souvenir, mais quelques-unes des voix - les plus identifiables - ont été, sans aucun doute, influencées par certains de mes camarades de classe.

     

    Q: Quel est le tout premier livre que vous avez lu étant enfant ?

    RA: Vale. Bizarrement, je pense que le premier livre dont je me souviens est 'Le Hobbit'. On me l'a lu à l'école et je l'ai emprunté parce que le professeur avait fait une voix tellement géniale de Gollum que je voulais l'imiter, et cela m'a donné le goût de la lecture. Voilà, c'était ça.

     

    Q: Est-ce qu'il y a un livre qui a changé votre opinion sur quelque chose ?

    RA: Ok, Lara. Oui, je pense qu'il y a un livre qui a eu un grand impact sur moi et c'était 'Crime et Châtiment' (1). Je me souviens encore du moment où il commet le meurtre, mais en tant que lecteur, on est si impliqué avec le personnage qu'on souhaite qu'il ne le commette pas et on veut lui pardonner, même si c'est une chose terrible. Et, je pense que la raison pour laquelle il m'a transformé c'est parce qu'il m'a donné la capacité d'éprouver de l'empathie pour des personnes qui font des choses terribles. En fait, par la suite, à travers mon travail d'acteur, j'ai toujours été attiré par ces personnages qui suivent un chemin sombre ou qui choisissent le mauvais chemin, des gens bien qui font des choses mauvaises, et je pense que c'est ce livre qui m'a définitivement influencé.

     

    Q: Combien de temps cela vous prend-il pour enregistrer un livre audio ?

    RA: Ok, Tina. Cela dépend de la longueur du livre audio, mais nous calculons qu'à l'allure à laquelle j'ai lu Dickens, nous avons fait 100 pages par jour. Nous étions à 1400 pages et cela a pris 14 jours. Quand j'ai commencé la préparation, je pensais que nous irions un peu plus vite que cela, mais ça fait à peu près ça.

     

    Q: Ecoutez-vous vos propres livres audio après les avoir enregistrés ?

    RA: Sarah, jamais ! Je ne le fais pas. Je ne regarde pas vraiment le travail que j'ai fait avant, non plus. Il faut qu'on me force la main, parce que lorsque vous êtes là, vous le vivez vraiment. Ce que je veux dire, c'est que j'écoute des extraits pendant que nous enregistrons parce que ça fait partie du montage. Mais, il y a beaucoup d'autres livres audio que je préférerais écouter et une autre interprétation, peut-être.

     

    Q: Qu'est-ce que vous faites pour garder votre voix en forme quand vous avez à parler pendant longtemps ?

    RA: Betty, j'ai toujours fait un bon régime dans les règle du travail de voix - cela implique à peu près 15-20 minutes de Technique Alexander (2) , un échauffement en chanson... C'est un des échauffements que j'ai utilisé dans 'Le Hobbit', mais ça vient aussi des années passées à l'Ecole d'Art dramatique, et vous savez, j'ai une voix assez résistante, alors ça va vraiment. Mais avec ce genre de travail vous devez être capable de rester très calme, de ne pas bouger et d'être toujours capable de produire un son intense, ce qui est assez difficile, alors je fais des choses variées.

     

    Q: Comment passez-vous d'Hannibal à Dickens ? Comment vous débarrassez-vous de cette folie ?

    RA: Kathryn. Et bien, 'Hannibal' date d'un moment. Je pense que j'ai fini ça fin mars et je n'ai pas commencé ceci avant le mois d'août, alors il s'était volatilisé, même si vous amenez toujours un petit peu des personnages marquants que vous jouez. Vous emportez toujours un petit peu d'eux, et je crois qu'il y avait quelque chose dans le personnage d'Hannibal qui a juste ressurgit après 20 ans de mouvements physiques. De même, quand je faisais la voix d'Uriah Heep (3) dans le livre, il y avait une trace de souvenirs, quelque chose, une cloche qui sonne, qui me rappelaient Francis Dolarhyde. Bien sûr, ils n'ont rien en commun et Uriah Heep est un fraudeur. Il n'est pas un tueur en série mais, je ne sais pas, ils sont connectés et j'ai laissé cette connexion se produire.

     

    Notes de la traductrice :

    (1) Crime et Châtiment est un roman de l'écrivain russe Fiodor Dostoeïvski publié en 1867. Le roman dépeint l'assassinat d’une vieille prêteuse sur gage et de sa sœur par un étudiant fauché âgé de 23 ans, Rodion Romanovitch Raskolniko, et de ses conséquences émotionnelles, mentales et physiques sur le meurtrier. 

    (2) Technique Alexander : cette technique permet à chacun d'apprendre à se défaire de certaines habitudes d'utilisation de soi qui interfèrent avec le fonctionnement naturel de l'organisme dans toutes les activités quotidiennes. Ces habitudes sont activées par la personne sans qu'elle s'en aperçoive (il s'agit par exemple du raccourcissement chronique du cou, des lombaires, le rétrécissement de la cage thoracique, etc.), ce qui altère le fonctionnement général de l'organisme (respiration, digestion, circulation, etc.), diminue l'efficacité, crée de la fatigue et peut avoir des conséquences lourdes à plus ou moins long terme sur la santé. La technique Alexander est une méthode d'éducation et ne s'apparente pas à une technique de relaxation ou une forme d'exercice. La technique F. M. Alexander tire son nom de Frederick Matthias Alexander, acteur australien qui a commencé à formuler ses principes entre 1890 et 1900. (Source Wikipedia

    (3) Uriah Heep: ce personnage se caractérise par son humilité mielleuse, son obséquiosité et son hypocrisie. Sa façon de s'adresser à David par 'Maître Copperfield' est si souvent répétée par Dickens qu'il ne peut paraître sincère. Il est l'antagoniste central de la partie finale de l'ouvrage. David le rencontre pour la première fois alors qu'il habite avec M. Wickfield et sa fille Agnès. Uriah travaille en tant que commis de M. Wickfield, en raison de l'alcoolisme de M. Wickfield, Uriah contrôle la plus grande part de la vie et des affaires de son patron. Il parvient finalement à se hisser au rang d'associé dans les affaires de ce dernier. Son ambition ultime étant d'épouser Agnès afin d'obtenir la fortune de Wickfield. Comme la plupart des méchants de Dickens, sa principale motivation est la cupidité. (Source Wikipedia

     

    Audible a aussi mis sur son compte Instagram des moments coupés lors de l'interview

    Voici la traduction 

     

    https://www.instagram.com/p/_kYCLHFXo3/?taken-by=audible_com " Le tout premier livre que j'ai lu, je pense, était un basique de la littérature enfantine. Je crois que ça devait être quelque chose comme 'Mister Tikle' (ndlt: série d'albums pour enfants éditée en France sous le nom de 'Monsieur'). Si ça compte comme lecture de livres, pour moi, c'était de regarder les images. "

     

    https://www.instagram.com/p/_nMyPllXkB/?taken-by=audible_com " J'ai écouté Stephen Fry lire beaucoup de livres audio, qui a, je pense, une voix narrative fascinante et intéressante. Et, je crois que j'ai écouté Bill Nighy enregistrer quelque chose, encore une voix incroyable. "

     

    https://www.instagram.com/p/_pv8R_FXn5/?taken-by=audible_com " Je trouve que des haricots sur des toasts et la moitié d'un paquet de 'Marlboro light' sont le meilleur moyen pour garder votre voix... Non, je plaisante !  "

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  • Traduction de l'interview de Richard parue dans The Mirror à l'occasion de la sortie de Hannibal saison 3 en DVD

    18 décembre 2015

     

    AVERTISSEMENT: Ce tabloïd anglais n'est pas réputé pour être du journalisme de grande qualité ! Il n'est pas dit dans l'article à quel moment cette interview a été réalisée ou si toutes les réponses de Richard proviennent d'une seule et même interview.

     

    Traduction par Jolie Pensée

     

    Richard Armitage dit que son pote Aidan Turner "aime" être un sex symbol

     

    Ces deux stars du Hobbit  sont tous les deux des coqueluches à l'écran mais Armitage estime que son ami se sent plus à l'aise dans la peau d'un objet de désir.

     

     

    Aidan Turner, le beau gosse de Poldark, aime attirer l'attention des femmes selon Richard Armitage, co-acteur du Hobbit.

    Alors que Richard Armitage a toujours eu du mal avec l'intérêt que son physique avantageux a suscité depuis qu'il a joué le rude propriétaire d'usine John Thornton dans l'adaptation de la BBC de Nord et Sud , Aidan Turner n'a pas été aussi perturbé.

    "Je pense qu'il aime tout cela ", dit Richard Armitage en riant, "il est vraiment fait pour jouer ces rôles. Quand je me suis retrouvé avec ce rôle de John Thornton, je ne réalisais pas ce que ça représentait. Je pense qu'Aidan attire ces rôles. Il a à peine 30 ans. Je suis sûr qu'il va explorer ce côté de son talent, puis aller trouver des choses différentes qui l'intéressent. "

    Armitage, 44 ans, a connu sa renommée en 2004 quand après la diffusion du premier épisode de la série victorienne Nord et Sud, le standard de la BBC a explosé.

    Depuis lors, ce bel acteur ténébreux a de fidèles fans qu'on appelle l'Armitage Army.

    Malgré le fait qu'il soit adoré par des milliers de femmes, Richard n'a jamais souhaité se reposer sur son physique.

    Dans le rôle de Thorin Oakenshield dans le Hobbit, il était une authentique star de blockbuster et l'année dernière il a reçu des éloges pour son rôle dans The Crucible à l'Old Vic.

    Pendant un temps, il a fait une parenthèse en étant l'amoureux de Dawn Franch dans The Vicar of Dibley, Richard a travaillé dur pour se débarrasser de son statut de coqueluche.


    Pour Richard, ce qui l'a intéressé dernièrement c'était de jouer le tueur en série Francis Dolarhyde dans la série star aux USA Hannibal.

    Il dit : " Je l'ai ressenti comme un vrai défi pour continuer de surprendre mes fans et leur présenter quelqu'un qu'ils ne vont pas aimer. Je savais que Francis Dolarhyde serait controversé parce que savais que beaucoup de personnes de l'aimeraient pas. Parce qu'ils aiment que vous soyez une idole, que vous soyez attirant. Donc j'ai vu ça comme "voyons si nous pouvons changer les goûts des gens. "

    Il est de notoriété publique que l'acteur se dévoue entièrement à ses rôles, allant jusqu'à subir une torture par l’eau* pour son rôle dans la série d'espionnage Spooks.

    Pourtant. il y a eu des moments, quand il trouvait comment rentrer dans la tête d'un psychopathe, qui étaient épuisants.

    " Je rentrais chez moi et je me prenais la tête entre les mains et j'essayais de me sortir de ça. De ces horribles choses qu'il a faites aux gens... Je n'aurais pas pu le jouer durant cette période particulièrement longue sans notes d'humour  ".

    Richard vit actuellement à New-York pour être au plus près de grands rôles et d'opportunités.

    Même s'il apprécie son anonymat à New-York, il admet avoir été frustré de ne pas être reconnu grimé en Thorin à cause de tout son maquillage et ses prothèses.

    J'étais enthousiasmé par le fait de disparaître et me transformer physiquement, du coup les gens ne savait pas que c'était moi, mais après trois années entièrement consacrées à ce film, de voir que les gens ne réalisent toujours pas que c'était moi, c'est frustrant. Vous allez à des réunions, des casting et on vous dit 'Je ne vous ai pas vu dans tel ou tel film?' et vous faites 'oui, j'étais dans ce film...' et ils ne font toujours pas le rapprochement. Ca ne vous aide pas dans la suite de votre carrière  ".

    Cependant, c'est un rôle qu'il a aimé malgré les contraintes physiques: "Thorin était caché sous une épaisse combinaison. Le rôle consistait surtout à être capable physiquement de remuer l'épée autour de soi. C'était dur. Un jour j'ai vomi dans un seau. C'était dans le tunnel des gobelins dans le premier film. Ils avaient construit ce décor qui était sombre et était éclairé par des torches. C'était incroyablement chaud. Le plateau de tournage était en béton, ce qui le transformait en four. De mémoire, c'était le jour le plus dur. Même les cascadeurs ont eu du mal ce jour là. "

    Comme beaucoup de ses contemporains, Richard a fait l'objet de rumeurs quant à l'éventualité d'être le futur James Bond.

    Il dit: " Je pense que c'est à cause de Spooks. Si vous courez avec un flingue et que vous êtes convaincant, on pense 'il peut jouer James Bond'. Et imaginez si GQ ** vous photographie dans un costume bien coupé ! A chaque fois que j'ai fait des séances photos pour promouvoir quoi que ce soit, on me met dans un costume en disant : est-ce que c'est le nouveau James Bond ?  "

    Pourtant il admet qu'il ne refuserait pas.

    " Je pense que c'est une hypothèse géniale. Je me concentrerais plus sur son côté espion. Je pense que la franchise James Bond a besoin d'une bouffée d'air frais. Cela nécessite une remise à neuf, ce qu'a fait Daniel Craig, mais il n'y a pas que cela, le vieux dinosaure a besoin d'être dépoussiéré. Cela doit rester une grosse franchise et qui ne veut pas aller voir un grand James Bond ?  "

     

     

    Notes de la traductrice

    * Water boarding : simulation de noyade qui consiste à ligoter la victime sur une planche inclinée de façon à ce que la tête soit plus basse que les pieds, on recouvre alors la tête de la victime d'un tissu et de l'eau est versée dessus et, sa respiration devenant très difficile, la victime est mise dans l'angoisse d'une mort prochaine par asphyxie. (Source Wikipédia)

    ** Richard fait référence aux photos qu'il a faites pour le magazine GQ en 2014.

     

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  • Traduction des Q&A 'Urban and the shed crew' par Chapel FM

    7 novembre 2015

     

    Questions/réponses dans le cadre de la projection du film 'Urban and the Shed Crew' menées par Chapel FM au Festival International du Film de Leeds.

    Etaient présents Richard Armitage (Chop), Candida Brady (réalisatrice) et Bernard Hare (auteur) (1) 

     

     Traduction par Jolie Pensée

    (Nous n'avons traduit que les moments où Richard s'exprime)

    Merci à Chapel FM pour la mise en ligne de la vidéo

    Merci à richardarmitagecentral.co.uk pour la transcription

     Photos ©Richard Armitage France, captures d'écran de la vidéo réalisée par Chrysanthe et postée sur la chaîne youtube de RACentral 

     

    A.S : Je m'appelle Adrian Sinclair. Je suis directeur de Chapel FM et je voudrais juste vous souhaiter la bienvenue à vous tous ici. Nous venons de regarder le film et c'est un film fantastique et nous avons la chance de parler avec certains des acteurs principaux, et nous ouvrirons le débat si le public a des questions ou si je me trompe sur ce qui aura été dit précédemment.

    Pour commencer, je voudrais dire que c'est fantastique pour nous en tant que premier lieu d'art de tout l'Est de Leeds. Nous avons ouvert l'année dernière, on était choqués de se dire qu'avant il n'y avait rien ici, 140 000 personnes vivent à l'Est de Leeds et il n'y a jamais eu de lieu consacré aux arts et j'ai rencontré Bernard en 2001 à Burmantofts (2). Nous avons filmé, en fait, on a filmé Bernard et Lee avant que le livre soit écrit et je pense qu'il est une des personnes qui m'a inspirée pour faire des choses positives, pour prendre des risques en ouvrant cet endroit il y a un an malgré le poids de la récession et la coupe de l'aide financière publique. Neuf mille personnes ont visité ce centre dans la première année d'activité et 26% d'entre elles avaient moins de 19 ans. Soixante jeunes gens ont commencé leurs cours ici la semaine dernière et c'est fantastique de sentir qu'on a pu mener ça à bien. Alors c'est un peu une petite explication du pourquoi vous regardez ce film fantastique, la première mondiale, dans ce lieu minuscule où certaines places assises ne nous font pas face et il n'y a pas de parking, rien, et personne ne peut le trouver, mais c'est dans l'Est de Leeds et pour nous c'est vraiment, vraiment important d'avoir ça, ici. Et aussi d'avoir pu en faire une telle chose pour le Festival International du Film de Leeds .

     

    AS à Candida Brady : Vous avez bien sûr à un moment posé cette question à Bernie (ndlt: Bernard Hare), "Si quelqu'un devait jouer ton personnage dans un film ce serait qui ? "

    CB: Bien sûr, il m'est venu à l'esprit... (geste dans la direction de Richard) 

    RA : Il a cru que ce serait un nain... 

    AS : Alors Richard, comment êtes-vous venu sur ce projet ? Qu'est-ce qui vous y a amené ?

    RA : C'est le script de Candy. Étrangement, je l'ai lu dans un aéroport. Je retournais à New-York et il s'est emparé de moi et c'est intéressant de voir comment toutes ces choses arrivent dans votre vie parce que je suis tristement célèbre pour faire des films sans intégrité et je cherchais vraiment quelque chose qui était... réaliste, qui avait un cœur, une âme, et, vous savez, c'est la première fois que je vois le film et j'ai l'impression de le connaître par cœur. Je ne suis que la moitié de cet homme (il montre Bernard). Vous savez, c'était un tournage assez difficile, en tout cas du point de vue des acteurs, parfois on se plaignait que le repas était un peu froid mais ça vous permet de vous rendre compte à quel point vous êtes privilégié... Et je suis juste un narrateur, alors c'est mon travail de lire le script, de lire le superbe livre de Bernard et la seule chose dont les gens parlent, c'est tout ce qu'a fait Bernard et tout ce qui en a découlé, mais ce dont ils ne parlent pas toujours, c'est le cœur et l'âme qu'il y a mis et je pense que c'est mon travail d'exalter tout ça pour le public parce que ce sont des choses que vous ne pouvez pas écrire, que vous ne pouvez pas décrire. Mais quand vous voyez Bernard avec la bande, même maintenant, il y a une telle affinité entre eux... Et avoir été reçu dans ce monde, de prendre part à cela, c'est un immense privilège.

    AS : Et il y a ces mondes cachés que nous pensons connaître et c'est intéressant pour un jeune homme, un jeune homme de 18 ans, qui travaille chez nous comme stagiaire, qui est réalisateur et qui a fait son propre film, à 18 ans, qui a grandi à Windmore, de l'autre côté du périphérique, c'est un petit peu plus loin. Il a étudié à l'école Corpus à Halton Moore, il a regardé le film avec nous, quand nous l'avons vu pour la première fois, et il a dit "Est-ce que les gens vivaient vraiment comme ça ?". Ça m'a vraiment frappé, même pour les gens qui sont du coin, c'est une sorte de monde caché. Est-ce que ça résonne un peu au fond de vous, est-ce que c'est quelque chose que vous connaissiez ?

    RA : Mon père a grandi à Leeds avec ses deux sœurs, ils ont grandi dans les années 40 pendant la guerre et je sais, par exemple, qu'ils dormaient tous dans le même lit. Ils avaient une toute petite maison de ville, il y avait à manger sur la table. Mon grand-père travaillait dans une mine (ou une carrière), donc j'ai entendu toutes ces histoires de mon père, mais les gens du nord sont assez connus pour monter un mur et vous faire croire que tout va bien et que ça va continuer et j'ai l'impression qu'on vit la vie qu'on a et c'est certainement ce qu'ont fait mon père et Bernard. C'est comme tirer le meilleur de ce que vous avez et c'est quelque chose d'unique au nord de l'Angleterre. En fait, en voyant ce film et [en écoutant] le discours sur comment le mot, comment le nom de Leeds est né - et je pense que vous auriez pu en couper un petit peu - ça m'a lassé à la fin, mais cela m'a permis de réaliser que cet état d'esprit était profondément ancré dans le nord de l'Angleterre.

    AS : Et vous parliez de votre façon de jouer, d'être dans la scène, d'avoir le personnage constamment avec vous.

    RA : Oui

    AS : Vous parliez de Bernie et de tout le respect que vous aviez pour lui, sentez-vous que vous aviez trouvé le ton juste ?

    RA : J'ai fumé tellement de cigarettes à rouler... et à la fin du tournage, j'avais vraiment l'air d'une merde. On était des sales gosses parce qu'on n'était vraiment pas supposés fumer du tabac, mais le tabac factice ne brûle pas à l'écran de la même manière que le tabac, alors Anna (3) et moi on a glissé du vrai tabac dedans.

    CB : Je ne savais rien de tout cela.

    RA : Non, elle ne le savait pas, mais ça ne se roule pas de la même façon... Mais, je vous le dis, à la fin du tournage, j'ai dit (il regarde Bernard) " Pourquoi fallait-il que tu sois un fumeur compulsif ? " Mais c'était super. Et maintenant, je peux rouler une cigarette en conduisant !

    CB : Oui 

    RA : Je l'ai fait, j'étais même censé le faire d'une seule main et il sait le faire.

    BH : Oui. Tu m'as vu le faire le premier jour "Montre-nous comment on fait ça ". J'aurais dû déposer un brevet artistique.

     

    17'42 mn. 

    Membre du public : Salut, j'ai vraiment adoré le film, c'était fantastique. Je suis moi-même originaire de Leeds, donc il y a plein de lieux que vous avez filmés que j'ai pu reconnaître. Je me demandais juste comment, avec tout ce que vous avez lu sur Richard, vous avez pu le convaincre de jouer dans le canal ?

    RA : Ne le dites pas...

    CB : C'est un secret professionnel

     

    Membre du public : Et vous le saviez ? Vous saviez au moment de tourner que vous auriez une scène comme ça ?

    CB : Tu as eu un moment terrible !

    RA : Comment m'as-tu convaincu ? 

    CB : En fait, je ne savais pas que Richard n'aimait pas l'eau !                        

    Membre du public : On le savait !

    CB: On va dire que nous avons trouvé quelques compromis.

    RA : On a trouvé un moyen pour que ça ne soit pas traumatisant.

    CB : Et tu as eu une série de scènes dans l'eau, n'est-ce pas ?

    RA : Oui, c'est une blague récurrente. A chaque fois que je lis un script, il n'y a pas de scènes prévues dans l'eau, et tout à coup il y en a une d'écrite, mais là, elle y était dès le début. J'ai juste survolé cette partie du livre.

    CB : En espérant que je la couperais.

    RA : Oui.

    Membre du public : Et vous ne l'avez pas fait !

     

    22'58 mn.

    Membre du public : Je commence à avoir l'impression que le gouvernement, et plus particulièrement le gouvernement actuel, compte sur les organisations caritatives pour distribuer les fonds qu'elles ont sur leurs comptes en banque, parce qu'il n'a pas l'air d'avoir une vision réaliste de ce qu'il se passe vraiment dans le monde, et je vous dis ça de mon point de vue de militaire et parce que je vois ça avec mes jeunes recrues. Je suis chanceux, je suis cadre moyen maintenant, mais je vois avec mes jeunes soldats qui voient leurs petits crédits coupés et ils sont censés avoir un revenu régulier, mais, est-ce que vous pensez que nous devrions nous réjouir que ce soient les organisations caritatives qui payent pour ces choses, parce que c'est l'impression que j'ai ?

    CB : On pourrait avoir un long débat à ce sujet. Mais oui, je suis assez d'accord. Ce pourquoi j'aimais les organisations caritatives pour l'enfance était parce qu'elles faisaient des choses très, très utiles et vous pouvez voir ces choses se réaliser, ce qui est très important.

    RA : Les choses que fait 'Action for Children' (4) sont innovantes et une de ces choses, je pense, qui est 
    vraiment importante, est de tisser un réseau d'entraide pour les travailleurs sociaux parce que, sans cela, vous jetez l'argent par les fenêtres et je pense qu'il faut de l'imagination et je crois que vous avez raison. Là où le gouvernement compte sur les gens pour être généreux et fouiller dans leurs poches, les réseaux sociaux, eux, peuvent mobiliser l'attention et les gens donnent et vous pouvez créer une grosse collecte d'argent en réponse à la faiblesse du gouvernement... Et, c'est ça être gentil.

    CB: Oui

     

    A 29'57 mn. 


    RA
    : Au bout de 10 minutes de film, je me suis rendu compte que j'avais oublié que je disais beaucoup de gros mots et mon neveu va venir voir le film demain et je pensais téléphoner à mon frère pour lui dire que ce ne serait peut-être pas convenable, mais alors il y a quelque chose en moi qui m'a dit qu'en fait ça le concernait. C'est l'histoire d'un gamin de son âge. Si nous le protégeons de cela, c'est un équilibre délicat, parce que vous ne voulez pas qu'ils sortent et qu'ils disent la même chose et en même temps vous ne pouvez pas faire autrement.

    Vous ne pouvez pas mettre cela sous le tapis parce qu'il fait partie de la prochaine génération et il doit être informé de cela et s'il peut voir 'Urban' et s'identifier à lui et réaliser à quel point sa vie est privilégiée, alors il regardera sa vie et réalisera que tout le monde n'est pas égal et que nous devons être plus démocratiques dans la façon dont nous partageons.

    CB : Et puis, je pense... Je ne peux parler que de mes propres enfants, mais je pense que plus vous leur donnez de connaissance, plus ils se sentent en confiance.

    RA : Oui c'est cela.

     

    Notes de la traductrice :

    (1) Bernard Hare est l'auteur du roman 'Urban Grimshaw and the Shed Crew'. Né en 1958, dans une famille de mineurs, Bernard Hare vivait en marge de la société dans une cité malfamée de Leeds et avait une propension à l'alcoolisme et à la prise de drogues, il connaissait donc bien la vie des basses classes de l'Angleterre des années 90. Il fut travailleur social pendant une dizaine d'années avant de créer sa propre société de location. Il rencontra Urban Grimshaw, un garçon de 12 ans illettré et consommateur de drogue, qui lui inspira ce roman publié en 2005. Bernard Hare est maintenant un auteur indépendant.

    (2) Cité à l'Est de Leeds

    (3) Anna Friel joue la mère d'Urban

    (4) Lien vers l'organisme de charité 'Action for Children'  https://www.justgiving.com/actionforchildren

     

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  • Traduction de l'interview que Richard a accordé à Empire magazine du mois de Décembre 2015

     

    Merci à richardarmitagenet.com pour le scan

    Traduction par Jolie Pensée

    - Empire Magazine, décembre 2015

    Combien coûte une pinte de lait ? 

    La star du Hobbit parle d'un barattage inattendu (3)

     

    Quels posters aviez-vous sur les murs de votre chambre quand vous étiez enfant ?

    Je crois me souvenir avoir eu un poster de Terminator et un de Samatha Fox. Mettez ces deux-là dans un film ! Ce serait dingue.

     

    Avez-vous un surnom ?

    Si je vous le dis, tout le monde va se mettre à m’appeler comme ça sur les réseaux sociaux et c’est très personnel, donc je ne peux pas le dire. Mon frère se fait appeler « Armo ». ça sonne australien, vous ne trouvez pas ?

     

    Combien coûte une pinte de lait (1) ?

    Je pense environ £1.70. Non ? 89 pounds ? Sur le site internet que je viens de chercher (2), le babeurre Saint Ives coûte… Oh attendez c’est du babeurre (3). Je me suis un peu trompé. J’ai mon Ipad devant moi. Je ne bois pas vraiment de lait.

     

    Avez-vous déjà mis un coup de poing à un réalisateur ?

    Non jamais. Si je me suis déjà disputé avec un réalisateur ? J’ai pu avoir des moments tendus (ndlt : littéralement des moments où j’ai serré les fesses) où j’ai pu me cogner la tête contre un mur, mais est-ce que c’était le but ? Mais on n’obtient rien en faisant cela.

     

    Quelle est la dernière série que vous avez arrêté de regarder ?

    Oh mon Dieu. Vous savez quoi ? Je dirais 'Game of Thrones'. J’ai commencé à regarder après avoir terminé 'Le Hobbit' et je pense que c’était trop fantastique pour moi. Je suis sûr que je vais y revenir, mais je n’en pouvais plus des perruques et des dragons et de tout ça. Ça avait trop duré ! (4)

     

    Jusqu’où êtes-vous allé ?

    Je ne suis pas allé loin. Tout le monde dit que je ferais mieux de la regarder mais plus les gens me le disent et plus j’ai envie de regarder 'House of cards'.

     

    Sur une échelle de un à dix, à quel point avez-vous le cul poilu ?

    Je vous demande pardon ? Il est hors de question que je réponde à cette question, jamais de la vie. Qui voudrait connaître la réponse à cela ?

     

    Bon

    Si vous voulez parler de mes fesses et de ma raie des fesses ? La réponse est dans l’épisode 11 d’Hannibal.

     

    Avez-vous des cicatrices ?

    J’en ai une entre les sourcils que j’ai eue pendant le Hobbit. J’ai l’impression qu’elle restera toujours. Je me la suis faite moi-même entre les deux yeux avec un petit crochet sur l’épée Orcrist et ça a transpercé la prothèse et coupé un bout de peau entre mes sourcils. On a fait arrêter le saignement et quand j’ai retiré la prothèse, ça a rouvert la plaie et j’ai mis un pansement dessus. Je pense que j’aurais dû avoir des points de suture.

     

    Quel est le dernier film que vous vous êtes payé ?

    'Ex Machina'. Argent bien dépensé.

     

    Quelle est la question la plus stupide qu’on ne vous ait jamais posée ?

    Je pense que c’est sûrement « Sur une échelle de un à dix, à quel point avez-vous le cul poilu ? » 

     

    Qu’avez-vous dans votre poche actuellement ?

    Rien. Mes parties génitales sont dans ma poche en ce moment.

     

    Quelle est la pire chose que vous n’ayez jamais mangée ?

    C’était une minuscule fourmi amazonienne. J’ai mangé ça quand j’étais à Sao Paulo dans un restaurant très cher, mais ça avait beaucoup de goût. Ça avait un goût de citron.

     

    Comment appelleriez-vous votre autobiographie ?

    ' Mes parties génitales sont actuellement dans ma poche. '

     

    Le saviez-vous ?

    Il joue de la flute.

    Il souffre d’aquaphobie, la peur de se noyer.

    Il est né le jour de l’anniversaire de la mort de Richard III (ndlt : 486ème anniversaire pour être précis)

     

    Notes de la traductrice:

    (1) Une pinte représente 568 ml

    (2) Le mot utilisé par Richard était Googled. Dans le langage usuel, Google est devenu un verbe signifiant « rechercher sur Internet »

    (3) Le babeurre est du lait fermenté. Le barattage est la transformation de la crème du lait en beurre dans la baratte, par séparation de la matière grasse et du babeurre.

    (4) Malheureusement, le jeu de mots n’a aucune signification en français. Ici Richard dit « I was dragoned out » jeu de mots avec les verbes drag on et drag out qui signifient traîner en longueur.

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  •  Traduction de l'interview de Richard par William Bibbiani dans le magazine Fangoria #383 de septembre 2015

     Crédit photos ©@NBCHannibal, @BryanFuller@lorettaramos@neoprod

     

    Traduction par Jolie Pensée et Translator Girl

     

       

    Un grand merci à Anna Sofia pour son autorisation de partager ses scans. A huge thanks to Anna Sofia for her authorisation to share her scans. 

     

    Un enfant très timide

    Joué par Richard Armitage, Francis Dolarhyde est aussi tragique qu’il est sauvage. 

     

    Pour un enfant non désiré, élevé par une grand-mère abusive dans une maison pour les personnes âgées, cerné par la mort et dissimulé à cause de sa difformité faciale, Francis Dolarhyde revient de loin. 

    Sujet du second roman de Thomas Harris 'Le Dragon Rouge', il embobine les lecteurs avec la psyché terrifiante d'un tueur en série qui espionne des familles, pénètre dans leurs maisons et les transforme en 'cadavres aux yeux-miroirs' capables de le voir, et même de l'aimer. Il a inspiré, non pas un, mais deux films 'Manhunter' de Michael Mann (1986) et 'Dragon Rouge' de Brett Ratner (2002), incarné par deux bons acteurs, Tom Noonan et Ralph Fiennes.

    Et maintenant, Francis Dolarhyde, alias The Tooth Fairy (un nom qu'il déteste), alias The Great Red Dragon (il aime celui ci), revient dans la série acclamée Hannibal, dans laquelle 6 épisodes lui sont consacrés, à la fin de la saison. Joué par Richard Armitage, acteur dans la trilogie du Hobbit de Peter Jackson. Dolarhyde est plus présent à l'écran qu'auparavant pour mieux nous terrifier et nous envoûter. Hannibal dépeint la folie particulière de Dolarhyde en détail, une responsabilité qui n'est pas passée inaperçue pour Armitage qui a tenu un journal personnel décrivant l'état d'esprit du Dragon Rouge. Fangoria a discuté très longuement avec Armitage sur ce qui fait avancer Dolarhyde, comment il est revenu à la vie une fois encore et pourquoi, après toutes ces années, nous l'aimons tellement.

     

    F: Francis Dolarhyde est un personnage qui est connu depuis plus de 30 ans maintenant. Il nous fascine toujours et on essaye de le cerner. A votre avis, qui ou qu'est Dolarhyde ?

    RA: Mon Dieu, c'est une vaste question ! Je n'avais pas réalisé que cela faisait 30 ans, c'est fascinant. Ce qui m’a intrigué, quand j’ai lu le livre, c’est tout ce qui m’avait attiré vers ce personnage
    et toutes les réactions que les gens m’ont rapportées à son sujet : des deux films précédents, l’air choqué des gens quand vous leur dites que c’est le rôle que vous allez jouer mais aussi l’étude du livre pour découvrir le genre de profil psychologique que Thomas Harris a dressé pour le personnage.
     C'est exactement ce qui m'intrigue dans tout mon travail parce que je suis un adulte dans la moitié de la quarantaine et j'ai tendance à jouer des personnages ayant à peu près le même âge que moi et qui ont une profonde conscience de qui ils sont de par la manière dont ils ont été éduqués, ou de l'environnement dans lequel ils ont grandi. Thomas Harris a construit avec le personnage quelque chose de fascinant qui n'est ni une excuse, ni une explication : ça vous montre juste le chemin que cet homme a emprunté et comment il arrive à ce moment là avec un esprit et un corps qu'il ne comprend pas et n'aime pas forcément. Il tente de changer et d'évoluer. Je le vois comme quelqu'un qui essaye de muer physiquement mais aussi psychologiquement.

     

    F: Il a toujours été question de transformation chez Dolarhyde, mais en quoi se transforme-t-il ? Quand on le voit dans la première scène, il semble être au plus mal, très démoralisé, avant qu'il ne découvre l'oeuvre de William Blake. 



    RA: Oui, c'est encore quelque chose qui m'a fasciné parce que j'ai l'impression de me sentir concerné dans une certaine mesure. J'ai probablement passé plus de temps dans ma vie à m'analyser un peu, à être insatisfait de moi, à regarder les autres à travers moi-même, à m'observer à travers les autres. 
    Je pense que c'est pourquoi je suis acteur. J'ai saisi cela à travers ce personnage. En un sens, j’ai saisi cela à travers le personnage dont l’éveil arrive très tard dans sa vie. J'ai l'impression que ce qu'il est essentiellement, il le doit aux autres personnes, au fait d'avoir été abandonné par sa mère, mis en orphelinat pour être adopté par une famille qui l'a méprisé, d'avoir été ridiculisé, injurié.

    Tout ce qu'il a appris sur lui-même, il l'a reçu de son environnement, et ça a été largement négatif. Alors l'adulte que vous voyez est plus un enfant emprisonné dans un corps d'adulte, c'est quelqu'un qui n'a pas vraiment quitté l'enfance. Dans son esprit, il est toujours dans sa jeunesse torturée. Il n'a pas été capable de s'en échapper, même si son corps a grandi. C'est un petit drame intrinsèque qui se déroule à l'intérieur de lui. Il veut devenir un homme, mais il ne peut pas parce qu'il ne vit pas dans le même genre de société que nous.

     

    F: On décrit souvent des personnes qu'on pense être des monstres comme étant une conséquence d'abus, comme si ça justifiait tout, mais ce qu'on peut voir chez Dolarhyde, c'est qu'il est comme ça parce qu'il a dû apprendre à vivre en étant abusé. Il ne réagit pas aux stimuli habituels des personnes dites normales.

    RA: Oui et d'une certaine façon, je crois que l’adaptation et la survie en sont la clé, de la même manière qu'un cafard peut survivre quand vous l'écrasez parce que les cafards sont les anathèmes des
    gens (1). Les gens essayent de les tuer, alors ils ont évolué à travers les années et se sont, en quelque sorte, blindés. Je pense que Dolarhyde est dans le même genre de monde musclé. Je ne veux pas dire physiquement, bien que ce soit vrai pour lui. Il y a une étrange dichotomie (scission) entre sa résistance et sa fragilité. C'est ce qui le rend extrêmement fascinant. Il y a un terrible, terrible enfant fragile dans ce physique d'homme blindé. D'une certaine manière - alors que son corps devient plus puissant – il devient plus fort et plus musclé, et c'est sa propre création. Il protège l'enfant fragile et l'autorise presque à vivre sans cette armure que représente finalement le dragon. Mais, je ne sais pas s'il est conscient de cela comme je le suis. Je connais ça de lui parce que j'ai étudié ce côté. J'ai l'impression qu'il vit dans un monde de sensualité pas vraiment logique.

     

    F: Pensez-vous que Dolarhyde a une idée, d'un point de vue extérieur, de ce qu'il fait, ou est-il si seul qu'aucune autre perspective ne l'affecte ?

    RA: Pour être honnête, je ne sais pas s'il a une idée de sa place dans le monde, je pense qu'il est trop seul. Il ne regarde pas la télé, il n'est pas connecté aux réseaux sociaux. La seule chose qu'il connaisse vraiment est le travail qu'il fait dans le laboratoire de développement de films et les images de films qu'il examine religieusement. Je crois qu'il rentre chez lui tous les soirs et étudie et étudie ces images. Il fait partie des spectateurs de la vie. D'une certaine manière, il vit par procuration à travers chaque morceau de pellicule qu'il regarde.

    Il regarde des familles, il regarde des gens. Tout ce qu'il voit sur les films est en quelque sorte une vie qu'il ne vivra jamais. Je pense que, dans un sens, les crimes - les étapes qui mènent à ces crimes – le représentent ouvrant cette porte et volant quelque chose pour lui-même. Mais c'est étrange, il y a quelque chose d'artistique dans ce qu'il fait. C'est quelque chose que Thomas Harris décrit de façon très intéressante. La première fois qu'il s'installe pour regarder les images - je pense que c'est les meurtres qu'il a commis à Leeds - il est décrit comme étant très mécontent du manque de talent artistique avec lequel il a filmé et combien il est dégoûté de lui-même et de la manière dont le film est monté. Ce n'est pas aussi beau ou divin que ce dont il avait rêvé, et c'est, en fait, plutôt basique et dégoûtant. Il a conscience de ça, et c'est pourquoi il recommence à le faire à nouveau, mais en essayant de le faire mieux. C’est difficile d’arriver à le décrire parce que je le vois comme quelqu'un qui essaye d'atteindre une illumination, mais à travers une route sombre. C'est assez perturbant, vraiment.

     

    F: Pensez-vous qu'il veut cette famille, ou pensez-vous que la violence vient du fait qu'il en veut aux autres d'avoir ce qu'il n'a pas, ou n'a jamais eu ?

    RA: Non, je ne pense pas qu'il veuille détruire quelque chose intentionnellement, en fait. Je pense qu'il le vole pour lui-même. Il vole le sang de la vie qu'il veut. Il désire avoir un contact physique. Il y a un éveil sexuel en lui, mais il ne sait pas comment avoir cela avec un être humain vivant qui respire, parce qu'il vit vraiment dans un monde de mort. Son premier éveil sexuel dans le livre est décrit en rapport avec  l'abattage de poulets et Harris restitue très nettement cela pour nous, donc ça semble approprié. Mais c'est associé à la violence, comme le fait que sa grand-mère tienne une énorme paire de ciseaux au-dessus de ses parties génitales, menaçant de les couper, et sa manière à lui d'exprimer son amour pour elle en la surveillant au milieu de la nuit avec une hache ... C'est un amour authentique. Ce n'est pas une sorte de cruauté, c'est un enfant qui ne comprend pas la différence entre la vie et la mort. Vivre dans une maison remplie de personnes qui sont proches de la mort - cette maison de vieilles personnes décrépites qui ont été ses camarades de jeu pendant presque toute son enfance- fait qu'il a un tel manque de compréhension de la jeunesse et de la vie. Alors quand son éveil sexuel arrive, c'est associé à de terribles choses. J'ai l'impression que tous, dans un sens, nous suivons un chemin toute notre vie qui est programmé en nous très, très tôt, comme celui qui nous mène à ce que nous sommes en tant qu’être sexuel, à n'en pas douter.

     

    F: Un des éléments les plus tragiques de l’histoire de Dolarhyde est que dans sa vie apparaît Reba McClane et vous comprenez que la rédemption, ou en tout cas le droit chemin, était juste là, si seulement il avait pu attendre. Pensez-vous que c’est ce qu’il ressent ou a-t-il l’impression que l’amour de quelqu’un comme Reba lui tombe dessus à cause du Grand Dragon Rouge ?


    RA: C’est intéressant, parce que j’ai l’impression qu’il n’a aucun point de référence sur ce qu’est l’amour et de quoi ça a l’air. Alors quand il la rencontre, c’est une situation particulière. Il n’a jamais été en présence d’une femme en vie. Quiconque peut le voir, il se met alors dans l’ombre et s'en éloigne. Et cette fille aveugle est quelqu’un avec qui, pour la première fois dans sa vie, il se sent bien. Il n’y a pas de point de référence et dans un sens, c’est son émancipation, la route qui l’amène à se transformer, qui lui donne la force d’avancer qui fait que s’il l’avait rencontrée un an avant, il n’aurait probablement pas été capable de le faire.

    Mais je sens que la vraie compréhension est en lui quand il arrive au moment où il doit faire le choix de la donner au dragon ou la garder pour lui, c’est là qu’il est le plus lucide de toute l’histoire. Alors qu’avant ça, il avait été guidé par ses sentiments et une certaine naïveté. A ce moment, il est en possession de tous ses moyens. C’est un véritable éveil de conscience et une réflexion de lui-même, et c’est presque à ce moment précis que l’esprit schizophrène se scinde vraiment en deux et que le dragon devient quelque chose totalement hors de lui.

     

    F: Quand j’ai parlé avec Bryan Fuller, il était très impressionné par votre incorporation de mouvement ressemblant à une chorégraphie pour Dolarhyde. Pouvez-vous m’en dire plus ?

    RA : C’est venu d’une ligne du roman, quand Harris décrit une manière stylisée de bouger face à la caméra dans la maison du meurtre. Il le décrit comme un danseur balinais (2). Je regardais ceci, je regardais cela et je prenais conscience de ce qu’ Harris pensait peut-être, et à mes yeux, ça avait une sorte de douceur kitsch et mignonne qui ne me plaisait pas. Mais je savais que ce côté stylistique allait m’intéresser. Je viens d’étudier le Butoh (3) qui est une forme de danse japonaise. C’est comme une étude biologique du corps à travers la musique et le mouvement, et certains sont très courts. Le corps est peint en blanc. C’est souvent associé à la mort, à l’anxiété et à l’agonie. C’est comme regarder son corps au moment de la mort. Je pensais que ce serait parfait pour Dolarhyde, parce que vous voyez vraiment tous les os du corps, mais vous voyez aussi le corps évoluer. C’est éreintant, très intense, c’est musculaire et sexuel aussi et je sentais que toutes ces choses apporteraient quelque chose au personnage et le rendrait hors du commun. Parce que la plupart du temps, ce qui lui arrive n’est pas une représentation (ndlt : au sens artistique), il est seul dans sa chambre, il est seul dans sa maison, donc il ne le fait pas pour quelqu’ un d’autre. C’est juste une chose sensuelle qui coule dans son corps, c’est kafkaien en un sens. Pour moi, c’est comme une métamorphose. (4)

     

    F: J’ai entendu dire que vous teniez un journal comme Francis Dolarhyde

    RA: Oui, je l’ai fait...

     

    F: Pouvez-vous me dire ce que représentait ce journal pour vous et combien y en a –t-il ?

    RA: Oui, ça prenait des formes variées. J’écrivais d’après le roman, pour commencer. C’était essentiellement un stylo, du papier et un cahier , comme un journal classique, et je notais juste dessus des grandes citations. Je les prenais toujours du roman. Mes écrits étaient très brouillons vers la fin du tournage parce que je n’arrêtais pas d’y revenir. Mais après, j’ai laissé couler librement et j’ai essayé de trouver les pensées derrière les actions qu’ Harris faisait vivre au personnage. C’était toutes sortes de choses. J’écoutais beaucoup de musique, j’avais fait une playlist et j’ai tiré un grand album de photographies. Certaines étaient réelles, concrètes, d’autres étaient très abstraites. Au début, avant que je n’étudie vraiment le personnage, c’était des choses aléatoires, et curieusement à mi-parcours, il s’est passé quelque chose et j’ai repris mes photos et j’ai pensé 'Ah c’est ce moment où… c’était cette petite scène '. Il y a également eu une image dans le petit trailer (celui de la saison 3 d’Hannibal) où l’on voit le tatouage dans son dos. J’ai pensé à plein d’images comme la torture médiévale et la corseterie, une espèce de serrage de corps avec du cuir, du fer, du métal, et du coup, certaines images avaient l’air d’emballer le corps comme le tatouage. C’est intéressant de voir comme tout cela est devenu subliminal. C’était presque comme écrire une sorte de personnage subconscient.

     

    F: Maintenant que vous avez incarné ce personnage, qu’est-ce qui, chez Dolarhyde, est foncièrement effrayant et qui fait qu’on parle encore de lui et qu’on le ramène à la vie des années plus tard ?


    RA: Je pense que la chose la plus effrayante chez lui - certainement en tant que personnage qui a été complètement ou partiellement dans son esprit - est que vous tombez un peu amoureux de lui. Vous voyez quelle vie tragique il a, et vous lui souhaitez le meilleur malgré les horribles choses qu’il a faites et vous voulez qu’il s’en débarrasse. Vous voulez qu’il émerge du bon côté et d’une certaine façon, c’est exactement là que se trouve Will Graham.

    Il voit que l’homme peut se racheter, qu’il y a une chance de rédemption, et Hannibal ressent le contraire, il a envie de le pousser vers les ténèbres. Ce que je trouve certainement fascinant chez Dolarhyde, c'était que je ne l’ai jamais vu comme un mauvais garçon. Je l’ai regardé comme une âme très très torturée, assez terrifiante, qui est tombée amoureuse d’une femme, je pense.

     

    Notes des traductrices :

    (1) Richard utilise le mot 'anathème' dans le sens où les cafards sont la bête noire des gens.

    (2) Les chorégraphies des danses traditionnelles de Bali (le Legong) sont faites de mouvements et positions précises des mains, des doigts et du visage. 

    (3) Le Butoh (ou butō) est une danse japonaise née dans les années 60 en réaction aux traumatismes de la seconde guerre mondiale particulièrement aux bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Elle se caractérise par sa lenteur, sa poésie et son minimalisme. Qualifiée de subversif, le butō se danse souvent totalement nu, le corps peint en blanc et le crâne rasé. Le butō est plus un concept qu’une danse à proprement parler, c’est une forme d’expression de ses sentiments par le mouvement. Chaque mouvement par sa lenteur ou son geste est une écriture de son état. La performance du butō relève des mouvements pas toujours naturels qu’on impose à son corps.

    (4) Ici, Richard fait référence à la métamorphose de Kafka. Le personnage principal se réveille un matin métamorphosé en horrible insecte. Sa famille l’enferme afin qu’il ne soit pas à la vue des autres et le rejettent. Son père essaiera aussi de le tuer à plusieurs reprises. De nombreuses interprétations en ont été faites, du traitement des juifs pendant la seconde guerre mondiale, à la relation que Kafka a eue avec son propre père, au rejet de personnes différentes. On dit qu’une situation est kafkaienne quand elle tombe dans l’absurde ou l’illogisme qu’affectionnait Kafka (particulièrement dans ' Le procès ')

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  • Traduction de l'interview que Richard a accordé à thejakartaglobe.beritasatu.com le 24 juillet 2015

     

    Traduction par Jolie Pensée 

     

    Richard Armitage passe du Prince nain au tueur La fée des dents (1)

     

    L’acteur britannique Richard Armitage est Francis Dolarhyde, le tueur en série qu’il interprète dans le thriller Hannibal  , « un grand travail de maîtrise » (Photo © AXN)

     

    Après s’être aventuré dans des blockbusters tels que Captain America: the first avenger et la trilogie du Hobbit, l’acteur Richard Armitage revient sur le petit écran dans Hannibal.

    La série d’horreur de Bryan Fuller est une série applaudie par la critique mettant en scène Hugh Dancy, Mads Mikkelsen et Gillian Anderson et qui en est actuellement à la deuxième moitié de sa troisième saison sur AXN en Asie, où chaque nouvel épisode est diffusé 12 heures après sa diffusion aux USA. A partir de ce week-end (2), les téléspectateurs et les Fannibals, c’est sous ce nom qu’on connait les fans de la série, vont pouvoir apprécier la performance de Richard Armitage en Francis Dolarhyde, un tueur en série et le personnage principal du Dragon Rouge de Thomas Harris, roman dont est tirée Hannibal.

    Dolarhyde, aussi connu sous le nom de Fée des dents pour son penchant à mordre ses victimes, était précédemment interprété par Tom Noonan en 1986 dans le film Manhunter  et par Ralph Fiennes en 2002 dans Red dragon . L’interprétation d’Armitage du tueur emblématique sera la première diffusée à la télé, ce qui permettra à l’acteur d’avoir une plus grande marge de manœuvre pour interpréter et jouer avec le personnage.

    Au téléphone depuis Vancouver jeudi, Armitage a dit au Jakarta Globe que jouer Dolarhyde était pour lui une possibilité d’explorer quelque chose qu’il n’avait pas fait, ni joué avant.

    " Travailler sur le Hobbit était une expérience participative épanouissante, mais c’était très technique, a-t-il dit. Donc, après la fin du Hobbit, je suis parti à la recherche d’un personnage, j’ai passé beaucoup de temps à chercher des films indépendants centrés sur les personnages."

    Armitage a dit qu’il était un fan de Fuller et qu’il a suivi la plupart de son travail à la télévision, mais il a trouvé que Dolarhyde, en tant que Dragon Rouge dans l’histoire d’ Hannibal, était difficile à comprendre. Il a passé 10 jours à étudier le roman et à façonner son corps et il a été ravi d’apprendre que Fuller avait l’intention d’être fidèle au livre.

    "Dolarhyde est un homme qui a connu la douleur, qui a eu une expérience amoureuse pour la première fois et il a eu ces terribles, déroutantes pulsions à vouloir détruire les familles afin de se renforcer lui-même."  Il ajoute : En tant qu’homme, j’avais de l’empathie et de la sympathie pour lui, mais je haïssais ce qu’il faisait aux gens et j’avais envie de le condamner. "

    Dans les épisodes, Dolarhyde se décrit comme un fan d’Hannibal Lecter (Mads Mikkelsen) et traque la famille de l’enquêteur Will Graham (Hugh Dancy). Armitage nous a dit que la série allait dévoiler un dangereux triangle entre Lecter, Dolarhyde et Graham, chacun essayant de s’inciter ou de se stopper les uns les autres.

    Armitage appelait Dolarhyde ' un grand travail de maîtrise ' et a dit qu’il était content d’avoir 6 épisodes à jouer dans Hannibal. Dans l’histoire d’origine, Dolarhyde s’appelle lui-même ' le dragon '. Harris dit que le personnage a été inspiré de la peinture de William Blake (3) ' The Great Red Dragon and The Woman Clothed in Sun ' (4)

    On peut le voir dans le présent, luttant contre ses difficultés d’élocution, tombant amoureux et il voit que sa liaison amoureuse se développe, c’est là qu’il commence à combattre la symbolique du dragon à l’intérieur de lui ", dit Armitage.

    Il a appelé sa première journée de tournage ' l’épreuve par la neige ', parce que c’était une nuit d’hiver à Toronto, avec une température glaciale de -17°. La scène qui se tournait nécessitait qu’il soit dehors dans un jardin, nu et couvert de sang en hurlant sous la lune. C’est  un aperçu de la bande annonce de la troisième saison d’Hannibal dont Armitage dit qu’il a dû s’armer de courage pour être debout nu face à l’équipe.

    J’ai eu plusieurs scènes où je jouais une histoire d'amour avec Reba McClane (jouée par Rutina Wesley), ces jours-là étaient sympa " dit-il. " Et il y a avait certains jours où ce qui se déroulait sur le tournage était pénible, alors je rentrais et décompressais de différentes façons, mais l’équipe était vraiment sympa et me soutenait et essayait de me rendre les choses pas trop horribles."

    Même si Dolarhyde est un personnage dévorant, Armitage nous a dit qu’il était content d’avoir eu la possibilité de jouer sa scène préférée du roman.

    "C’est quand le dragon et Francis sont séparés dans son esprit, c’est une sorte de schizophrénie, le dragon attaque Francis et lui arrache un bout de chair dans le dos. J’étais excité d’essayer et de découvrir comment il était possible de jouer cette scène où vous vous disputez et vous battez contre vous-même. "

    Pour Armitage, Hannibal marque le retour à la télévision, c’est par ce moyen que sa carrière a connu de grands moments. A la base acteur de théâtre dans la grande tradition britannique, Armitage a d’abord connu le succès à la télé britannique en 2008 dans Spooks. A maintenant 43 ans, il dit que la différence entre les séries de la télé britannique et celles de la télé américaine se situe principalement au niveau de la conception de la production.

    Pour pouvoir jouer Francis Dolarhyde, Armitage a dû adopter un langage américain pour toute la durée du tournage, mais également entre les scènes et en dehors du tournage.

    Affronter les difficultés d’élocution était assez difficile, à cet égard, ça me permettait de vivre dans le monde de Francis Dolarhyde ", dit-il.

    Le travail post-Hannibal d’Armitage comprend un thriller médiéval Pilgrimage, tourné en Belgique et en Irlande. Actuellement en cours de production Brain on Fire (5), l’histoire vraie d’une fille souffrant d’une maladie rare du cerveau tourné à Vancouver.

    En ce moment, j’interprète un personnage très gentil et aimant, un vrai père de famille qui lutte très dur pour sauver la vie de sa fille, donc d’une certain façon, c’est un bon antidote à Francis Dolarhyde qui est un personnage destructeur ", nous a-t-il dit.

     

    Notes de la traductrice :

    (1) La petite souris s’appelle la fée des dents dans les pays Anglophones.

    (2) L’article est paru le 24 juillet

    (3) William Blake, artiste peintre, poète et graveur anglais du 18ème siècle. Certaines de ses peintures et gravures représentent des personnages, mi-homme, mi-démon. Son style gothique obscur lui valut d’être considéré par ses contemporains comme un excentrique. Une grande partie de ses œuvres est exposée à Londres à la Tate Gallery et au British Museum.

    (4) ' The Great Red Dragon and the Woman Clothed in Sun ' (Le Grand Dragon Rouge et la Femme vêtue de Soleil) représente la lutte entre le bien et le mal.

    (5) ' Brain on fire ': Film américano-canadien-irlandais produit par Charlize Theron et écrit et réalisé par Gérard Barrett, d'après le livre autobiographique de Susannah Cahalan. Richard a pour partenaires Chloë Moretz, Carrie-Anne Moss, Jenny Slate, Thomas Mann, Tyler Perry... Le tournage a commencé le 13 Juillet 2015 à Vancouver en Colombie-Britannique. Le film sortira en 2016. L'histoire: Une jeune journaliste du New York Post, nommée Susannah Cahalan, commence à avoir des problèmes de santé graves. Elle franchit la ligne entre la raison et la folie après qu'un agent pathogène inconnu ait envahi son corps et causé une réaction auto-immune. Il provoque une inflammation du cerveau, de la paranoïa, et des convulsions. Ses parents, divorcés, mettent de côté leurs différences et la veille alors qu'elle est hospitalisée et qu'elle ne se souvient plus de rien. Un médecin va s'intéresser à ce cas étrange... Richard joue le père de la jeune femme...

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  • Traduction de l'interview que Richard a accordé à Oriana Schwindt pour tvinsider.com , 23 juillet 2015

     

    Traduction par Jolie Pensée 

     

    Richard Armitage est le Grand Dragon Rouge d'Hannibal

     

    TVinsider.com, 23 juillet 2015

    Photo ©Brooke Palmer/NBC

     

    Regardez le Grand Dragon Rouge ! Richard Armitage amorce son virage (ndlt : artistique) dans la peau d’un tueur en série de famille prodigieusement effrayant (mais bizarrement doux à ses heures) Francis Dolarhyde (alias Dragon Rouge) lors de cette soirée Hannibal . Le producteur exécutif Bryan Fuller a promis un méchant qui va mettre à l’épreuve la capacité du public à supporter la dualité de Dolarhyde : " Vous pouvez affronter le monstre mais vous devez aussi soutenir l'homme ". Nous avons discuté avec Richard Armitage de la naissance de sa propre version du monstre de Thomas Harris. 

     

    - C'est drôle, vous venez de combattre un dragon dans le Hobbit et vous voulez en devenir un dans Hannibal.

    Ça m'a pris un moment pour faire le lien moi-même ! Je dirais que ça a vraiment été les années du Dragon ! 

     

    - En parlant avec Bryan au début de la saison, il a dit qu'il voulait quelqu'un qui puisse manier la tragédie shakespearienne d'un personnage tel que Dolarhyde et c'est ce que vous avez apporté. Quand avez-vous rejoint l'équipe ?

    C’était juste avant de filmer. Je pense que j'avais environ 10 jours. Ce qui me fait penser, encore, qu'il y avait beaucoup d’autres personnes qu’ils n’ont pas pu engager, alors quand les choses s’accélèrent, vous avez tendance à penser "Oh, j’étais sûrement le dernier recours ! ".

    Je ne sais pas pourquoi on l'associe toujours à Shakespeare avec ses hauts sommets et ses bas fonds, mais nous le faisons. Dans un drame contemporain, pour avoir une sorte de personnage domestique (ndlt : au sens familial du terme) qui commet de tels meurtres extraordinaires – si terribles, profondément ancrés, horribles crimes – il y a une sorte de recette shakespearienne. Vous pensez : "Dans l'esprit d'un homme contemporain, comment est-ce possible ? " Dans cette société post-freudienne où tout le monde suit une thérapie et où nous pouvons résoudre tous ces problèmes, ces extrêmes de la condition humaine sont en marge. Et qui sont-ils ? Nous sommes tous nés égaux, dans une certaine mesure, et c’est comme étudier quelqu’un qui les dirige vers une forêt très sombre et c’est exactement là où Francis Dolarhyde s’est découvert lui-même. 

     

    - La seule source de lumière pour lui est sa relation avec Reba (Rutina Wesley), envers qui il est incroyablement doux et aimant. Comment vous y êtes-vous pris pour créer cette relation ?

    Thomas Harris nous donne tellement d’indications, magnifiquement écrites dans son roman. Mais cela implique aussi la flexibilité (ndlt : artistique) de l’actrice qui joue Reba MacLean, qui n’a pas cette espèce d’arrière pensée cachée à propos du psychopathe. C’est en fait assez difficile, la plupart des réactions que les gens nous ont déjà confiées sur le blog est qu’ils méprisent ce personnage, et 'comment pouvez-vous jouer un personnage méprisable, comment pouvez-vous embellir un personnage si méprisable ', sans avoir lu le livre ni avoir vu ce que nous allons en faire ? J’appellerais ça une ' volonté de jugement ', c’est en chacun de nous. En fait, pour en revenir à Rutina, elle avait lu le livre aussi, et elle est arrivée sans jugement, ce qui nous a permis d’avoir cette chimie. Le personnage est aveugle, physiquement parlant, mais émotionnellement, elle est bien plus réceptive que n’importe qui. Elle voit réellement l’homme à l’intérieur du monstre. Et, à travers sa vision, en tant que téléspectateur, nous pouvons voir ça aussi.

     

    - Diriez-vous que la partie la plus difficile dans ce rôle était de mettre de côté ce jugement ?

    Oui ! Si vous lisez le livre, Thomas Harris a beaucoup d’affection pour Francis, en même temps, il va écrire les terribles, terribles crimes que Francis a perpétrés. Et on ne doit jamais mettre ça de côté. Une de mes plus grandes craintes était - parce que je n’ai lu que le premier script - que j’allais devoir commettre ces crimes dans le film, ce qui aurait été une condition sine qua non pour moi. Je n’aurais pas été capable d’accepter ce rôle si j’avais dû faire ça, jouer une scène où ça arrive. Mais connaissant Bryan Fuller et la manière qu’il a de façonner la série, je savais qu’on voit rarement le criminel commettre le meurtre, vous voyez Will Graham vivre ces crimes à travers sa psychologie. Donc, pour moi, j’ai dissocié Francis de ce qu’il avait fait et j’avais l’air d’avoir fait la même chose. Et, il était aussi horrifié que je l’étais. Nous le voyons dans un des épisodes, on le voit regarder à nouveau son film et être absolument angoissé par ce qu’il a fait et pourquoi il l’a fait. 

     

    - Aviez-vous vu un des autres Francis Dolarhyde avant cela, ou les avez-vous occultés ?

    Je les ai occultés. J’avais vu les deux, Manhunter  et Red Dragon, mais pour je ne sais quelles raisons, et sans être irrespectueux envers Ralph Fiennes, je ne me souviens plus vraiment de Red Dragon. Peut-être parce que cela faisait trop longtemps. Mais je me souviens de Tom Noonan dans Manhunter et je pense que cela tient à sa présence à l’écran. C’était un homme démesurément grand, et, en fait, je me souviens plus du Hannibal Lecter de ce film que de celui de Hopkins. Le Manhunter originel est plus effrayant que celui des autres films. Et cela tient aussi à la bande-son et au grain (ndlt : la façon dont on le voit à l’écran) du film, c’est filmé plus crûment. Mais je ne l’ai pas revisité pour cette raison. Je pensais qu’il fallait que je prenne du recul et le regarde après coup, mais je ne l’ai pas fait. C’est comme si j’avais ingurgité trop de Francis Dolarhyde. Il y a des limites à ce qu’on peut tirer de lui.

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